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Q U ' E S T C E Q U E L A D I S T R A C T I O N O S S E U S E ?
C'est Ilizarov, un chirurgien orthopédiste russe, qui,
en 1951, énonce les principes de la distraction osseuse. Il met
au point son célèbre fixateur externe et distracteur
circulaire que tout un chacun connaît et qui permet d'allonger
les membres inférieurs des personnes de petite taille.
Les mêmes principes de distraction osseuse peuvent être appliqués en chirurgie maxillo-faciale.
La distraction osseuse est une technique chirurgicale qui permet le gain de longueur d'un os. Son principe est le suivant:
- création d'une fracture (ostéotomie) qui entraîne
la formation d'un cal osseux de consolidation (processus naturel de la
cicatrisation osseuse),
- distraction osseuse qui éloigne les segments osseux l'un de l'autre par étirement de ce cal osseux,
- une fois le gain de longueur osseuse obtenue, consolidation et
cicatrisation complète du cal osseux qui permettra au final,
d'obtenir une augmentation de longueur du segment osseux
distracté.
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Q U E L L E S S O N T S E S I N D I C A T I O N S ?
En chirurgie maxillo-faciale, la distraction osseuse est indiquée dans le cadre de :
1) une chirurgie pré-implantaire
La pose d'implants est parfois limitée par la présence
d'obstacles anatomiques (le sinus maxillaire pour les dents du haut, le
nerf alvéolaire inférieur pour les dents du bas). La
présence de ces obstacles anatomiques est souvent liée
à une insuffisance de hauteur osseuse.
La distraction osseuse permet de contourner ces obstacles en redonnant
une hauteur suffisante à l'os qui doit accueillir les implants.
Principe de l'a distraction osseuse en chirurgie
pré-implantaire (cliquer sur l'image ci-contre pour activer le
GIF animé)
Cette technique est donc une alternative possible aux autres techniques de chirurgie pré-implantaire (comblements de sinus, greffes osseuses d'apposition).
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2) une chirurgie orthognathique
Dans le cadre d'une chirurgie orthognathique, la distraction osseuse
constitue une technique chirurgicale complémentaire.
En chirurgie orthognathique classique, l'os est déplacé
d'un seul coup, au cours de l'intervention chirurgicale. Cette
technique présente donc des limites liées à :
-l'amplitude du déplacement osseux qui ne peut être trop
importante sans quoi la consolidation osseuse serait plus
précaire. Les deux fragments ne garderait pas suffisament de
contact pour permettre une cicatrisation osseuse sûre.
-la présence des tissus environnants (muscles, muqueuses et
nerfs en particulier) qui ne peuvent être étirés
que de façon limitée lors du déplacement osseux
sans quoi ils pourraient subir des dommages irréversibles.
La distraction osseuse, si elle permet l'allongement progressif et de
grande amplitude d'un segment osseux, autorise aussi l'étirement
progressif des nerfs et des muscles sans qu'il subissent de dommage
(dans une certaine proportion).
Aussi, la distraction permet de traiter plus sûrement des
dysmorphoses faciales sévères où les
déplacements osseux nécessaires à leur correction
sont importants.
Elle permet aussi le déplacement osseux quand la chirurgie
classique est rapidement limitée par les tissus environnants.
C'est par exemple typiquement le cas d'une disjonction intermaxillaire
où la muqueuse du palais, épaisse et fibreuse ne
tolère qu'un petit déplacement chirurgical brutal de
quelques millimètres alors qu'elle tolère parfaitement
une distraction progressive plus conséquante.
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3) plus rarement, la distraction est utilisée dans le
cadre d'une reconstruction de la mâchoire inférieure par
transport osseux mandibulaire
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C O M M E N T S E D É R O U L E U N E D I S T R A C T I O N O S S E U S E ?
Quelle que soit l'indication d'une distraction osseuse, elle présente toujours différentes phases qui sont:
1- la chirurgie qui permet de pratiquer une ostéotomie afin de
séparer les deux fragments osseux qui vont être
étirés.
2- une période de latence entre la chirurgie et le début
de l'étirement des os (la distraction). Elle permet la
constitution du cal osseux et dure en moyenne 5 à 7 jours.
3- après la période de latence, la distraction proprement
dîte (l'étirement des structures osseuses) est
débutée. Elle est généralement
géré par le patient lui-même sous surveillance
médicale. Sa durée varie selon le gain de longueur
désiré. On étire les structures osseuses de 0,5
à 1 mm par jour en moyenne.
4- une fois le gain de longueur obtenue, la phase de consolidation
osseuse débute et dure 2 à 3 mois. Ce n'est
généralement qu'au terme de cette période que le
matériel ayant servi à procéder à la
distraction puis à maintenir l'allongement obtenu jusqu'à
consolidation est déposé au cours d'une deuxième
intervention chirurgicale.
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Q U E L S S O N T S E S A V A N T A G E S ?
En chirurgie orthognathique:
Comme nous l'avons évoqué plus haut, les avantages de la
distraction osseuse sont principalement liés aux
possibilités de distraction progressive des tissus mous
environnants (muscles, nerfs et muqueuses) et aux possibilités
de déplacement de plus grande amplitude, là où la
chirurgie classique trouve ces limites.
En chirurgie pré-implantaire:
La distraction osseuse permet de contourner la majorité des
inconvénients et possibles complications liés aux greffes
osseuses d'apposition (principale alternative à la distraction).
- il n'est pas nécessaire de prendre une greffe osseuse.
- il n'y a pas de problème couverture de la greffe car les
tissus mous (la gencive) est étirée et grandit en
même temps alors qu'en cas de greffe osseuse, la quantité
muqueuse qui couvrira la greffe osseuse est limitée. Ceci
diminue d'autant le risque d'exposition, d'infection et de perte de la
greffe par nécrose.
- il n'y a pas de problème de résorbtion osseuse inhérante à toute greffe.
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Q U E L S S O N T S E S I N C O N V É N I E N T S ?
Les inconvénients de la distraction osseuse sont:
- la présence en bouche du matériel de distraction pendant une période de 8 à 10 semaines,
- la nécessité d'une deuxième intervention pour
dépose du matériel (dans certains cas, celle-ci peut
s'effectuer sous anesthèsie locale).
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Q U E L L E S S O N T L E S C O M P L I C A T I O N S P O S S I B L E S ?
Tout acte médical, même conduit dans des
conditions de compétence et de sécurité conformes
aux données actuelles de la science et de la
réglementation en vigueur,comporte des risques de complication.
Aujourd’hui, tout chirurgien se doit d’informer son patient
sur les risques et les complications éventuelles de
l’intervention dont il va bénéficier. Cette
information doit être claire, loyale et intelligible. Elle a pur
but de permettre à chaque patient de mettre en balance les
risques qu’il encourt par rapport aux bénéfices
qu’il retirera de l’intervention chirurgicale afin
qu’il puisse prendre la décision, en son âme et
conscience, de se faire opérer ou non.
Cette notion est particulièrement importante pour certains actes
de chirurgie maxillo-faciale qui sont des interventions chirurgicales
de confort (chirurgie plastique de la face, implantologie,
etc.…). L’énumération «
bibliographique » des diverses complications possibles a pour but
de vous faire participer pleinement aux décisions qui concernent
votre santé ou votre bien-être.
Les complications liées à la distraction osseuse peuvent être:
- des complications osseuses par excès ou défaut de cicatrisation.
Au niveau de la sphère maxillo-faciale, ce type de complication
est rare étant donné l'origine embryologique
différente de l'os par rapport aux os du reste du corps (os
membraneux),
- des déviations anormales des segments osseux distracté.
La majorité de ce type de problème est inhérente
à un défaut d'orientation et d'alignement du
matériel de distraction.
- des complications liées à l'étirement excessif des tissus mous adjacents (nerfs, muqueuses et muscles).
- des complications à type d'infection ou de débricolage du matériel.
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