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Ostéotomie Mandibulaire de DALPONT-OBWEGESER |
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Q U ' E S T C E Q U E L ' O S T É O T O M I E M A N D I B U L A I R E ?
L'ostéotomie mandibulaire de DALPONT-OBWEGESER est
l'intervention qui permet de mobiliser une partie de la mâchoire
inférieure (toute l'arcade dentaire inférieure et le
menton) afin de corriger une anomalie de positionnement de celle-ci.
Cette intervention permettra donc de corriger les anomalies du
squelette de la face liées à la mâchoire
inférieure.
Cette intervention est fréquemment associée à une
ostéotomie maxillaire de LEFORT I. On parle alors
d'ostéotomie bimaxillaire.
Elle est souvent précédée d'un traitement orthodontique.
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Exemple 1 : Ostéotomie mandibulaire de recul pour
corriger un menton trop en avant (promandibulie ou prognathisme
mandibulaire).
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Exemple 2 : Ostéotomie mandibulaire d'avancée
pour corriger un menton trop en arrière (rétromandibulie
ou rétrognathisme mandibulaire).
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Principe de l'ostéotomie mandibulaire (cliquer sur l'image ci-contre pour activer le GIF animé)
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P O U R Q U O I O P É R E R ?
Les bénéfices attendus de l'ostéotomie mandibulaire de DALPONT-OBWEGESER sont:
- la restitution de rapports normaux entre les dents et d'une fonction
masticatoire normale, prévenant ainsi les risques de
problème dentaire à long terme (déchaussement des
dents par exemple) ou d'articulation de la mâchoire.
- la restitution de rapports normaux entre les deux mâchoires
quand il existe un décalage tel qu'il est impossible ou
difficile de proposer une réhabilitation prothétique
dentaire.
- l'amélioration de l'harmonie et de l'esthétique globale
du visage de face comme de profil. Cette intervention peut donc
corriger des anomalies telles que:
1- une lèvre inférieure et un menton trop en avant,
2- une lèvre inférieure et un menton trop en arrière.
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C O M M E N T S E D É R O U L E L ' I N T E R V E N T I O N ?
L'intervention se déroule sous anesthésie
générale. Une consultation d'anesthésie
pré-opératoire ainsi qu’une hospitalisation sont
donc indispensables.
L'incision se situe dans la bouche. Elle concerne la gencive en dehors
des molaires inférieures des deux côtés. Elle est
donc invisible ; il n'y a pas d'incision de la peau.
Puis on procède aux deux ostéotomies proprement dites
(une par côté) qui permettent de séparer
complètement l'arcade dentaire inférieure du reste de la
mâchoire.
La partie qui vient d'être séparée peut alors
être mobilisée afin de la repositionner dans sa position
idéale.
Cette position idéale est déterminée par différents éléments:
1- le bilan radiologique pré-opératoire (téléradiographie du crâne de profil),
2- la relation des deux arcades dentaires entre elles qui doit
être la plus harmonieuse possible (c'est un des objectifs
principaux de l'intervention, l'autre étant
l'amélioration de l'esthétique du visage). C'est la
raison pour laquelle, on met très souvent en place un blocage bimaxillaire dynamique. Ce blocage s'effectue grâce à des élastiques.
Si vous avez bénéficié d'un traitement
orthodontique (appareil multibagues) en pré-opératoire,
des crochets seront disposés sur les bagues et permettront de
réaliser ce blocage.
Si aucun traitement orthodontique n'a été
nécessaire, le premier temps de l'intervention consistera
à mettre en place un système d'arcs fixés sur les
arcades dentaires supérieures et inférieures qui
permettra de réaliser ce blocage.
Ce blocage est conservé en post-opératoire pour un
période variable en fonction des cas, allant de quelques jours
à plusieurs semaines.
La suite de l'intervention consiste à refixer l'arcade dentaire
inférieure au reste de la mâchoire dans sa nouvelle
position. C'est l'ostéosynthèse qui s'effectue grâce à des miniplaques et des vis en titane.
L'intervention se termine par la fermeture des incisions buccales par
du fil résorbable. Deux drains sont généralement
mis en place au niveau des plaies opératoires endobuccales. Ils
sont laissés en place quelques jours, le temps de
l'hospitalisation.
La durée de l’intervention varie en fonction des
difficultés techniques. Elle est en moyenne de 90 minutes quand
l'ostétomie mandibulaire n'est pas associée à une
ostéotomie du maxillaire.
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Q U E L L E S S O N T L E S S U I T E S O P É R A T O I R E S ?
Les soins post-opératoires comportent:
- Des bains de bouche.
- Des médicaments contre la douleur (des antalgiques).
- Souvent des anti-inflammatoires.
- Parfois des antibiotiques.
- L’application de glace sur les joues pendant les 24
premières heures (la glace a un bon effet anti-inflammatoire et
anti-oedémateux).
- Une alimentation liquide pendant les premiers jours
post-opératoires, puis mixée ou moulinée le temps
du blocage bimaxillaire. La durée du blocage varie de quelques
jours à plusieurs semaines selon les cas.
- Le brossage des dents, même s'il est rendu difficile par le
blocage bimaxillaire doit rester le plus soigneux et le plus rigoureux
possible pendant la période post-opératoire. Il est
conseillé de se munir d'une brosse à dent de type
chirurgicale (extra-souple), voire d'un jet hydropulseur qui facilitent
l'hygiène buccale.
- Il vaut mieux arrêter de fumer pendant la période
post-opératoire. La poursuite du tabac favorise les
complications liées à une mauvaise cicatrisation de la
gencive.
Les suites opératoires comportent :
- De petits saignements qui peuvent survenir au niveau des zones opérées pendant les 24 premières heures.
- La douleur au niveau des zones opérées cède avec
les antalgiques et anti-inflammatoires prescrits et disparaît en
général en quelques jours.
- L’œdème est fréquent et souvent
marqué. Il est imprévisible et varie d’une personne
à l’autre. Il prédomine dans le cas d'une
ostéotomie mandibulaire, au niveau de l'étage
inférieur de la face et des lèvres inférieures.
- Après le déblocage, une limitation douloureuse de
l'ouverture buccale est fréquente et s’estompe petit
à petit.
- Dans les rares cas ou le blocage des mâchoires s'effectue
grâce à des fils d'acier (et non grâce à des
élastiques), des pinces coupantes vous seront prescrites. Il
faut alors toujours les conserver sur soi afin de pouvoir couper les
fils qui unissent les deux mâchoires en cas d’urgence
(vomissements).
La durée d’hospitalisation varie entre 3 à 5 jours.
Parfois, la poursuite du traitement orthodontique est nécessaire
afin de corriger de petites imperfections de l'articulé dentaire.
Votre chirurgien maxillo-facial peut être amené à
vous proposer dans certains cas et à distance de l'intervention
une chirurgie du nez et/ou du menton quand l'ostéotomie seule
n'apporte pas une amélioration esthétique suffisante.
Enfin, la présence des plaques et des vis peut parfois devenir
gênante avec le temps. Leur ablation alors devient
nécessaire au cours d'une deuxième intervention qui ne
s'effectuera jamais avant le septième mois après la
première intervention.
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Q U E L S S O N T L E S R I S Q U E S D E L ' I N T E R V E N T I O N ?
Tout acte médical, même conduit dans des
conditions de compétence et de sécurité conformes
aux données actuelles de la science et de la
réglementation en vigueur, comporte des risques de complication.
Aujourd’hui, tout chirurgien se doit d’informer son patient
sur les risques et les complications éventuelles de
l’intervention dont il va bénéficier. Cette
information doit être claire, loyale et intelligible. Elle a pur
but de permettre à chaque patient de mettre en balance les
risques qu’il encourt par rapport aux bénéfices
qu’il retirera de l’intervention chirurgicale afin
qu’il puisse prendre la décision, en son âme et
conscience, de se faire opérer ou non.
Cette notion est particulièrement importante pour certains actes
de chirurgie maxillo-faciale qui sont des interventions chirurgicales
de confort (chirurgie plastique de la face, implantologie,
etc.…). L’énumération «
bibliographique » des diverses complications possibles a pour but
de vous faire participer pleinement aux décisions qui concernent
votre santé ou votre bien-être et de vous rendre
responsable.
Les complications hémorragiques:
- Une hémorragie est rare au cours de l'intervention mais
peut rendre exceptionnellement nécessaire une transfusion de
sang ou de dérivés sanguins.
Les complications infectieuses sont rares. Elles peuvent
se manifester sous la forme d'un abcès de la joue qui pourra
nécessiter parfois nécessiter un drainage chirurgical.
Dans des cas très exceptionnels, l'infection peut
nécessiter l'ablation du matériel
d'ostéosynthèse (vis et plaques).
Les complications nerveuses:
- Une perte partielle (hypoesthésie) ou totale
(anesthésie) de la sensibilité de la lèvre
inférieure et des incisives inférieures avec sensation
d'engourdissement est fréquente. Cette complication est
liée à la présence du nerf alvéolaire
inférieure (responsable de la sensibilité de la
lèvre inférieure et des incisives inférieures) qui
circule dans la mâchoire inférieure. La situation
anatomique de ce nerf rend délicate l'ostéotomie
mandibulaire qui doit prendre un trajet particulier pour éviter
de le léser. Ces troubles disparaissent
généralement en quelques semaines à quelques mois.
Un déficit définitif de la sensibilité est rare.
- Rarement, un traumatisme du nerf lingual est possible. Ce nerf qui
circule à la face interne de la mâchoire inférieure
est responsable de la sensibilité de la moitié de la
langue du même côté. Une lésion de ce nerf se
manifestera donc par une perte de la sensibilité de la
moitié de la langue. Ces troubles disparaissent
généralement en quelques semaines à quelques mois.
- De façon très exceptionnelle, des cas de paralysie de
la moitié du visage ont été décrits au
cours des ostéotomies de la mandibule.
Les complications osseuses:
- Un retard de cicatrisation et de consolidation osseuse
(pseudarthrose) est possible au niveau de la mâchoire
inférieure. Si cela survient, un nouveau blocage bimaxilllaire
est effectué jusqu'à obtenir une consolidation osseuse
satisfaisante. Une nouvelle intervention avec greffe osseuse peut
être nécessaire.
- De façon très exceptionnelle, une nécrose (mort)
d'une partie de l'os qui a été coupé et
déplacé peut survenir. Ceci peut entraîner une
rétraction de la gencive, la formation de poches dans l’os
et finalement la perte de l'os et des dents.
- Après l'intervention, la relation entre les dents du haut et
celles du bas peut être légèrement
différente de celle prévue. Diverses solutions simples
sont alors proposées pour rattraper ce petit décalage: le
prolongement dans le temps du blocage bimaxillaire avec tractions
élastiques, un complément de traitement orthodontique ou
des meulages sélectifs des dents permettent de rattraper le
décalage.
- Dans certains cas, une dégradation progressive de
l’occlusion dentaire revenant en position de départ peut
s’observer après l'opération (c'est une
récidive). En cas de signes d’une modification de
l’occlusion, il faut consulter votre chirurgien. Un traitement
orthodontique et/ou chirurgical peut devenir nécessaire.
Les complications dentaires:
Les racines dentaires peuvent être lésées au cours
de l'intervention et nécessiter un traitement (résection
apicale, dévitalisation).
Les complications articulaires:
L'apparition ou l'aggravation d'un dysfonctionnement
pré-existant de l'articulation de la mâchoire peut
survenir (claquements, douleurs). Ils sont en général
temporaires et cèdent grâce à des traitements
simples dans la plupart des cas.
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