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Fractures du plancher de l'orbite |
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Q U ' E S T Q U ' U N E F R A C T U R E D U P L A N C H E R D E L ' O R B I T E ?
La fracture du plancher de l'orbite correspond à une
fracture de l'os trés fin sur lequel est posé l'oeil.
C'est une fracture faciale fréquente.
Elle est parfois isolée, parfois associée à:
- une fracture du rebord orbitaire (relief osseux situé sous l'oeil), ce qui est assez fréquent,
- une fracture du malaire,
- une fracture du nez (disjonction orbito-nasale),
- un traumatisme plus grave de la face (disjonctions crânio-faciales).
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Q U E L L E S E N S O N T L E S C O N S É Q U E N C E S ?
Les conséquences d'une fracture du plancher de l'orbite sont:
1) d'abord fonctionnelles :
- une fracture du plancher de l'orbite peut provoquer
l'incarcération du muscle droit inférieur et/ou de la
graisse qui entoure l'oeil. Le fait que la graisse ou le muscle soit
coincé dans le trait de fracture limite
l'élévation normale de l'oeil. Ceci va être
responsable d'une différence d'élévation des deux
yeux et donc d'une vision double dans le regard vers le haut (diplopie
verticale et limitation de l'élévation du regard).
- une fracture importante et effondrée du plancher de l'orbite
peut entraîner une enophtalmie. En effet, quand le plancher est
effondré, la cavité orbitaire devient trop grande pour
l'oeil. Ceci est responsable d'un aspect creux et enfoncé de
l'oeil. Cette complication est le plus souvent masqué au
départ par l'oedème lié au traumatisme.
- une fracture du plancher de l'orbite peut provoquer la compression du
nerf infra-orbitaire qui passe dans un canal situé sous le
plancher de l'orbite. Ceci est responsable de troubles de la
sensibilité de la joue, de la partie latérale du nez, de
la lèvre supérieure et des dents supérieures. Ces
troubles régressent généralement en quelques
semaines à quelques mois.
2) parfois esthétiques, quand la fracture du
plancher de l'orbite est associée à une fracture du
rebord orbitaire, du malaire ou du nez qui modifient les reliefs osseux
de la face.
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Q U A N D F A U T - I L O P É R E R ?
Une fracture du plancher de l'orbite qui n'entraîne
aucune conséquence esthétique ou fonctionnelle n'a pas
lieu d'être opérée.
Chaque fois que la fracture a des conséquences fonctionnelles
et/ou esthétiques, le traitement chirurgical est
nécessaire.
Une fracture du plancher de l'orbite doit être
opérée dans les jours qui suivent le traumatisme. Il est
parfois nécessaire d'attendre quelques jours afin que
l'oedème régresse et que l'examen de la mobilité
de l'oeil soit possible (ce qui est souvent un facteur
déterminant pour l'indication chirurgicale ou non).
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C O M M E N T S E D É R O U L E L ' I N T E R V E N T I O N ?
L'intervention nécessite une anesthésie
générale. Une consultation d'anesthésie d'urgence
ainsi qu’une hospitalisation sont donc indispensables.
L'hospitalisation durera en moyenne de 1 à 3 jours.
Schématiquement, l'intervention se déroule de la façon suivante:
1) Le plancher de l'orbite est abordé chirurgicalement. Deux voies d'abord sont possibles:
- la voie d'abord palpébrale inférieure (sous-ciliaire)
nécessite une incision cutanée située sous les
cils. Elle donnera une cicatrice trés discrète,
comparable à une cicatrice de blépharoplastie (chirurgie
esthétique des paupières),
- la voie d'abord conjonctivale qui comporte une incision située
à la face interne de la paupière inférieure et qui
laissera donc une cicatrice invisible.
Le choix entre ces deux voies d'abord dépend essentiellement du
fait qu'il existe ou non une fracture associée du rebord
orbitaire inférieur.
2) La graisse et le muscle coincés sont
désincarcérés afin de redonner une mobilité
normale à l'oeil.
3) Le plancher de l'orbite est reconstruit grâce à divers
matériaux (patch de dure-mère artificielle, patch de
plastique résorbable). Ceci permet d'éviter une nouvelle
incarcération musculaire et corrige l'effondrement
éventuel du plancher de l'orbite.
Ces différentes étapes dépendent aussi du fait
qu'il existe ou non une fracture associée du rebord orbitaire.
Une ostéosynthèse est parfois nécessaire.
L'ostéosynthèse consiste à fixer le rebord
orbitaire fracturé grâce à des miniplaques et des
vis en titane.
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Principe du traitement chirurgical d'une fracture du plancher
de l'orbite (cliquer sur l'image ci-contre pour activer le GIF
animé)
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Q U E L L E S S O N T L E S S U I T E S O P É R A T O I R E S ?
La durée de l’hospitalisation est en général de 1 à 3 jours.
Les suites opératoires comportent :
- des douleurs relativement peu importantes qui cèdent grâce à des antalgiques simples.
- un oedème plus ou moins importante péri-orbitaire qui régresse en quelques jours.
- des soins post-opératoires (soins locaux) sont nécessaires pendant une période de 8 à 10 jours.
- des soins d'oeil par collyres antiseptiques et pommade cicatrisante sont nécessaires pendant une semaine environ.
- l’ablation éventuelle des points (voie d'abord
palpébrale cutanée) est effectuée en
général vers le 6 ou 7ième jour
post-opératoire.
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Q U E L S S O N T L E S R I S Q U E S D E L ' I N T E R V E N T I O N ?
Tout acte médical, même conduit dans des
conditions de compétence et de sécurité conformes
aux données actuelles de la science et de la
réglementation en vigueur, comporte des risques de complication.
Aujourd’hui, tout chirurgien se doit d’informer son patient
sur les risques et les complications éventuelles de
l’intervention dont il va bénéficier. Cette
information doit être claire, loyale et intelligible. Elle a pur
but de permettre à chaque patient de mettre en balance les
risques qu’il encourt par rapport aux bénéfices
qu’il retirera de l’intervention chirurgicale afin
qu’il puisse prendre la décision, en son âme et
conscience, de se faire opérer ou non.
Cette notion est particulièrement importante pour certains actes
de chirurgie maxillo-faciale qui sont des interventions chirurgicales
de confort (chirurgie plastique de la face, implantologie,
etc.…). L’énumération «
bibliographique » des diverses complications possibles a pour but
de vous faire participer pleinement aux décisions qui concernent
votre santé.
Les séquelles possibles liées à une fracture non traitée du plancher de l'orbite sont:
- une vision double (diplopie) dans le regard vers le haut,
- un aspect d'oeil creux et enfoncé (enophtalmie),
- un enfoncement inesthétique éventuel du rebord orbitaire inférieur,
- des troubles permanents de la sensibilité de la joue, de la
partie latérale du nez, de la lèvre supérieure et
des dents supérieures.
Les complications possibles du geste chirurgical:
- une infection des plaies opératoires (abcés et/ou
sinusite) ou des tissus graisseux péri-orbitaires qui peut
nécessiter rarement une nouvelle intervention, voire l'ablation
des matériaux utilisés.
- un petit ectropion (rétraction de la paupière
inférieure) ou un oedème de la paupière
inférieure sont possibles en cas de voie d'abord
palpébrale. Ils sont, le plus souvent, mineurs, liés
à la fibrose cicatricielle et régressent
spontanément ou grâce à de simples massages de la
cicatrice en quelques semaines.
- en cas d'ostéosynthèse, un "débricolage" du matériel est rarissime à ce niveau.
- des complications ophtalmologiques (essentiellement, une ulcération de la cornée) sont rares.
- une diplopie persistante par fibrose du muscle droit inférieur
est rare. Elle est souvent le fait d'une fracture
négligée et opérée tard. Cette complication
est aussi plus fréquente chez l'enfant qui cicatrise trop bien.
Chez l'enfant, l'indication chirurgicale est posée avec beaucoup
de circonspection et de prudence.
- une enophtalmie persistante est le fait d'une fracture trés
effondrée et généralement associée dans le
cadre de traumatismes faciaux lourds. Elle peut être l'objet
d'une chirurgie séquellaire secondaire.
Les complications graves sont exceptionnelles. Il s'agit
essentiellement d'une compression du nerf optique liée à
un hématome intra-orbitaire post-opératoire qui
nécessite son draînage en urgence et qui peut être
responsable d'une cécité monoculaire. Cette complication
fait l'objet d'une surveillance post-opératoire
systématique.
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