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Q U E S O N T L E S D E N T S D E S A G E S S E ?
Les dents de sagesse sont les troisièmes molaires.
Elles poussent normalement entre 15 et 25 ans. Elles sont le plus
souvent au nombre de quatre (deux en haut, deux en bas), mais il
n’est pas rare qu’il n’en existe que trois, deux
voire aucune.
Les dents de sagesse peuvent être :
-totalement sorties ; on dit alors qu’elles sont sur arcade.
-à moitié sorties ; on dit alors qu’elles sont enclavées.
-totalement enfouies sous la gencive ; on dit alors qu’elles sont incluses.
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P O U R Q U O I F A U T - I L O P É R E R ?
Votre chirurgien maxillo-facial peut vous proposer l’extraction des dents de sagesse pour différentes raisons :
- Parce qu’elles sont à l’origine de douleurs et/ou
de surinfections souvent récidivantes (péricoronarites).
C’est souvent le cas de dents de sagesse mal positionnées
(trop horizontales par exemple) ou de dents de sagesse qui n’ont
pas la place de sortir normalement. Elles restent alors souvent
incluses ou enclavées. Mais ce peut être aussi le cas de
dents de sagesse totalement sorties (sur arcade) mais qui sont
cariées et pour lesquelles votre dentiste ne peut plus proposer
de soins conservateurs.
- Après un traitement orthodontique, parce qu’elles
n’auront pas suffisamment de place pour sortir normalement et
qu’en les laissant pousser, elles risqueraient de venir appuyer
sur les autres dents, finiraient par perturber le bon alignement
dentaire et feraient perdre ainsi tout ou partie du
bénéfice du traitement orthodontique.
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C O M M E N T S E D É R O U L E L ' I N T E R V E N T I O N ?
L’extraction des dents de sagesse peut se pratiquer :
- soit sous anesthésie locale. L’intervention se
déroule alors au fauteuil, au cabinet, en deux séances
espacées d’un délai raisonnable (3 semaines en
général). Vous n’êtes pas
hospitalisé(e). On commence par un côté (une dent
de sagesse du haut et une dent de sagesse du bas) puis l’autre
côté est opéré au cours de la
deuxième séance.
- soit sous anesthésie générale. Une hospitalisation ainsi qu’une consultation d’anesthésie sont alors indispensables.
Quelle que soit le mode d’anesthésie, la technique chirurgicale reste la même et consiste à :
- Inciser la gencive quand cela est nécessaire (dents incluses
ou enclavées) afin d’exposer la zone opératoire.
- Dégager la dent en fraisant l’os qui l’entoure
afin de permettre son extraction. C’est souvent le cas pour les
dents de sagesse du bas, plus rarement le cas pour celles du haut.
- Sectionner parfois la dent avant de l’extraire quand
l’extraction est difficile (en particulier pour les dents de
sagesse du bas).
- Extraire la dent.
- Nettoyer et laver l’alvéole dentaire.
L’alvéole dentaire est le trou qui reste après
l’extraction de la dent. Cette alvéole se comble de sang
en post-opératoire qui s’ossifiera progressivement pour
être totalement consolidé 2 mois environ après
l’intervention.
- Suturer la gencive à l’aide de fils résorbables
qui, selon leur nature, disparaîtront spontanément en 10
jours à 3 semaines. Il arrive que le chirurgien ne suture pas la
gencive de la dent de sagesse du haut car cette suture est souvent
inutile.
La durée de l’intervention varie en fonction des
difficultés techniques. Elle est en moyenne de 5 et 10 minutes
par dent à extraire.
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Q U E L S S O N T L E S R I S Q U E S D E L ' I N T E R V E N T I O N ?
Tout acte médical, même conduit dans des
conditions de compétence et de sécurité conformes
aux données actuelles de la science et de la
réglementation en vigueur,comporte des risques de complication.
Aujourd’hui, tout chirurgien se doit d’informer son patient
sur les risques et les complications éventuelles de
l’intervention dont il va bénéficier. Cette
information doit être claire, loyale et intelligible. Elle a pur
but de permettre à chaque patient de mettre en balance les
risques qu’il encourt par rapport aux bénéfices
qu’il retirera de l’intervention chirurgicale afin
qu’il puisse prendre la décision, en son âme et
conscience, de se faire opérer ou non.
Cette notion est particulièrement importante pour certains actes
de chirurgie maxillo-faciale qui sont des interventions chirurgicales
de confort (chirurgie plastique de la face, implantologie,
etc.…). L’énumération «
bibliographique » des diverses complications possibles a pour but
de vous faire participer pleinement aux décisions qui concernent
votre santé ou votre bien-être et de vous rendre
responsable.
Les complications possibles liées à l’extraction des dents de sagesse peuvent être :
Des lésions nerveuses :
Deux nerfs passent à proximité de la dent de sagesse
inférieure et peuvent donc être lésés lors
de son extraction.
1) Le nerf alvéolaire inférieur chemine dans un canal
osseux situé dans la mâchoire inférieure en passant
à proximité des racines des dents. Il donne des nerfs
pour chacune des dents puis finit par sortir de l’os au niveau du
menton pour donner la sensibilité de la moitié de
lèvre inférieure (du même côté).
Lorsqu’il est trop au contact des racines de la dent de sagesse
inférieure, il peut être étiré et
lésé lors de l’extraction.
Ceci se traduit par une perte de la sensibilité totale
(anesthésie) ou partielle (hypoesthésie) de la
moitié de la lèvre inférieure. Cette diminution de
la sensibilité est temporaire et récupère en
quelques semaines. Les pertes définitives de la
sensibilité de la lèvre restent exceptionnelles.
Le risque de lésion de ce nerf est facilement évaluable
car la radiographie panoramique qui vous a été prescrite
montre les rapports entre le canal osseux dans lequel circule le nerf
et les racines de la dent de sagesse du bas. Votre chirurgien
maxillo-facial pourra donc vous préciser si vous êtes plus
susceptible qu’un autre de faire ce type de complication.
Dans des cas très particuliers (quand le risque de lésion
du nerf semble très important), le chirurgien maxillo-facial
peut être amené à prescrire un DENTASCANNER
(scanner des dents et des mâchoires) qui permet
d’évaluer au mieux les rapports anatomiques entre le nerf
et la dent et de préciser ainsi le risque encouru.
2) Le nerf lingual chemine à la face interne de la mandibule,
entre l’os et la langue, à proximité de la dent de
sagesse du bas. Cette proximité fait qu’il peut être
lésé lors de l’extraction de la dent de sagesse du
bas.
Ceci se manifeste par une perte de la sensibilité totale
(anesthésie) ou partielle (hypoesthésie) de la
moitié de la langue du même côté. Cette
diminution de la sensibilité est temporaire et
récupère en quelques jours à quelques semaines.
Les pertes définitives de la sensibilité de la langue
sont exceptionnelles.
Le risque de lésion du nerf lingual est difficilement mesurable en préopératoire.
Des complications infectieuses :
- Une infection de la cavité d’extraction de la dent
(alvéolite suppurée) ou de la joue (cellulite) peut
survenir quelques jours à quelques semaines après
l’extraction (typiquement à la troisième semaine
post-opératoire). Cette complication concerne presque
exclusivement la dent de sagesse du bas. Elle semble favorisée
par la stagnation des aliments dans la cavité d’extraction
de la dent. Elle cède sous traitement antibiotique
associé ou non à un geste de révision de
l’alvéole sous anesthésie locale. Elle
nécessite rarement une deuxième intervention sous
anesthésie générale.
- Une infection sans pus de l’alvéole de la dent
(alvéolite sèche) peut survenir quelques jours
après l’intervention. Elle concerne surtout les dents de
sagesse du bas et est douloureuse. Elle nécessite souvent un
traitement local. La mise en place d’une mèche
imbibée de clou de girofle (Alvogyl) fait rapidement
céder la douleur.
- L’infection de l’os (ostéite) est exceptionnelle.
Des complications osseuses :
- Une fracture de la mâchoire inférieure reste
exceptionnelle. Ce risque est cependant plus présent avec
l’âge. En effet, avec le temps, le ligament qui entoure
normalement la dent finit par s’ossifier ; la dent «
fusionne » avec l’os. Elle s’ankylose et rend
l’extraction plus difficile augmentant de fait le risque de
fracture de la mandibule.
- Quand cette complication survient, elle nécessite dans le
même temps opératoire (sous anesthésie
générale), la mise en place d’une plaque et de vis
d’ostéosynthèse et/ou d’un blocage des
mâchoires.
- Une fracture de l’os qui entoure la dent de sagesse
supérieure peut survenir. Elle est sans conséquence et ne
nécessite aucun traitement spécifique.
Des complications dentaires :
- La perte d’un amalgame (plombage), une fracture dentaire ou le
descellement d’une couronne sont possibles. Ces complications
concernent principalement les deuxièmes molaires qui sont les
dents situées juste en avant des dents de sagesse.
- Certaines dents de sagesse, surtout inférieures, ont parfois
des racines difficiles à extraire, de surcroît très
proches du nerf alvéolaire inférieur. La volonté
d’extraire à tout prix un fragment de racine
fracturée peut constituer un danger pour le nerf. Le "mieux
étant souvent l’ennemi du bien", il est parfois
préférable de laisser en place le petit fragment de
racine. Il n’y a aucune suite dans la plupart des cas.
- La nécrose (mort) de la molaire jouxtant la dent de sagesse
peut survenir lorsque l’extraction a été difficile,
dans les semaines ou les mois suivants, et nécessiter une
dévitalisation de cette molaire. Elle se révèle
par une infection de cette dernière ou des douleurs à la
mastication et/ou à la percussion de la dent.
Des complications sinusiennes:
Ce type de complication concerne exclusivement les dents de sagesse du
haut qui sont en relation étroite avec des cavités
situées au dessus de la mâchoire supérieure : les
sinus maxillaires.
- Une communication entre le sinus maxillaire et la bouche peut
survenir lors de l’extraction de la dent de sagesse
supérieure quand celle-ci est très proche du sinus
maxillaire. Elle se ferme spontanément en 10 jours à 3
semaines dans la plupart des cas. Mais sa persistance peut
nécessiter un traitement chirurgical adapté.
- Une migration anormale (luxation) de la dent de sagesse du haut dans
le sinus maxillaire peut survenir. Cette complication est rare. Elle
peut justifier, lorsque elle survient, que l'on ouvre le sinus par une
incision au dessus de la canine supérieure afin de
récupérer cette dent et d'éviter l'apparition
d'une sinusite. Le risque de voir apparaître ce type de
complication est facilement évaluable grâce à la
radiographie panoramique qui vous a été prescrite et qui
montre les rapports entre le sinus maxillaire et la dent de sagesse du
haut. Votre chirurgien maxillo-facial pourra donc vous préciser
si vous êtes plus susceptible qu’un autre de faire ce type
de complication. Plus la dent est haut située, plus ce risque
est important.
- De la même façon, une luxation de la dent de sagesse du
haut en arrière du sinus maxillaire (dans la fosse
ptérygo-maxillaire) peut rarement survenir. Ceci peut
entraîner des douleurs ou une infection. Toutefois, l'abord
chirurgical de cette région étant très complexe et
cette région étant très riche en vaisseaux et
nerfs, la dent, si elle ne peut être
récupérée par des manœuvres simples et
atraumatiques, est généralement laissée en place.
Autres complications :
- Une brûlure du coin des lèvres (commissure labiale), une
plaie de lèvres ou de la face interne des joues sont des
complications bénignes, qui régressent en quelques jours.
- Des complications hémorragiques (saignements endobuccaux trop
importants) peuvent survenir et cèdent à une simple
compression (en mordant des compresses).
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